Chaire Senghor de l’Université Galatasaray
Galatasaray, TURQUIE

Université Galatasray
Çırağan Cad. No:36
34349 Ortaköy/İstanbul – TURQUIE
Füsun TURKMEN
professeur de sciences politique au Département de Relations internationales

Füsun TÜRKMEN, Titulaire de la Chaire Senghor de la Francophonie à l’Université Galatasaray, seule institution académique francophone de Turquie. Professeur des universités, elle est Directrice du Département de Relations Internationales et ancienne Directrice du Centre de Recherche et de Documentation sur l’Europe au sein de son université. Elle y dispense des cours de licence, master et doctorat  depuis une vingtaine d’années et a dirigé plus d’une centaine de thèses en langue française. Ancienne fonctionnaire internationale des Nations Unies, elle fut diplômée, respectivement, du Lycée français Notre Dame de Sion d’Istanbul,  de George Washington University aux Etats Unis et de l’Université de Genève où elle a effectué son doctorat. Présidente d’une fondation éducative francophone en Turquie, ainsi que de plusieurs associations académiques    internationales dans le domaine des sciences politiques, Füsun TÜRKMEN a été élue Vice-Présidente du Réseau International des Chaires Senghor de la Francophonie en 2017. Elle siège au sein du Comité Scientifique de la Revue Internationale des Francophonies.

Ses principaux objectifs en tant que Présidente du RICSF sont le rayonnement, l’élargissement, et la dynamisation. Dans ce contexte, elle propose la poursuite du processus d’accréditation du Réseau après des organisations internationales et le développement  des contacts avec des ONGs dont les domaines d’activité s’articulent avec celui de la francophonie. Une médiatisation régulière et l’usage des réseaux sociaux contribueraient considérablement au rayonnement, ainsi que l’instauration d’un Prix Senghor de la Francophonie. Une stratégie d’élargissement devra être fixée dans le but de franchir les frontières de la francosphère, avec, pour priorité, la création de nouvelles Chaires aux Etats Unis en Amérique Latine et en Australasie. Finalement, la mise à jour des critères d’activité des Chaires ainsi que l’encouragement d’une coopération inter-Chaires pourraient apporter un nouveau dynamisme au Réseau.

Galatasaray, fleuron de l’enseignement francophone en Turquie

L’Université Galatasaray est la seule institution académique francophone de Turquie, pays non-francophone mais doté d’une ancienne tradition de francophonie éducative et culturelle.
La mythologie fondatrice de l’institution remonte à 1481 où le Sultan Bajazet II avait créé l’Enderun, foyer d’instruction pour les futurs cadres civils et militaires de l’Empire et qui portait le nom de Galata Sarayı (Palais de Galata). L’année 1868 marque la renaissance, francophone cette fois-ci, de l’institution inspirée par les lycées français, d’après les ordres du Sultan Abdulaziz. Premier souverain ottoman à visiter l’Europe, le Sultan avait été fortement impressionné par les établissements d’enseignement français. Tant et si bien qu’il ordonna la création, en 1874, de trois grandes écoles sous le label de Galatasaray: l’Ecole de Droit, l’Ecole de Génie, et l’Ecole des Lettres, toutes inspirées du modèle des facultés de la Sorbonne. Dès le début, le lycée et les grandes écoles Galatasaray furent investis de la mission de former les élites bureaucratiques dans la francophonie, mission qui va continuer après la transformation du lycée en institution républicaine en 1924. Le Lycée Galatasaray francophone deviendra l’un des établissements scolaires les plus prestigieux de la Turquie républicaine et continue son parcours encore aujourd’hui, seul lycée public turc francophone, en dehors des écoles dites saintes, établies par les missionaires catholiques français sur territoire ottoman depuis le 18ème siècle et qui, elles aussi, font toujours partie de la tradition francophone en enseignement secondaire dans le pays.
Dernier-né de la dynastie institutionnelle Galatasaray, l’Université est l’oeuvre d’un groupe d’anciens du Lycée, les “Pères Fondateurs”, qui en eurent l’idée vers la fin des années 1980. La présidence de la Commission Université fut confiée à l’un d’entre eux, le défunt Ambassadeur Coşkun Kırca –francophone et francophile de grand renom dans les milieux intellectuels, politiques et diplomatiques du pays. Par ailleurs, le groupe réunissait des anciens illustres qui appartenaient pour la plupart au monde académique mais aussi diplomatique et des affaires, reflétant la tradition élitaire de l’institution. Le projet qu’ils préparèrent fut évoqué, pour la première fois entre les Présidents Mitterrand et Özal, son homologue turc, lors de la visite officielle de ce dernier en France en 1991. L’accord de création de l’Université Galatasaray fut signé en Avril 1992 par les Ministres des Affaires Etrangères respectifs des deux pays, dans le cadre d’une cérémonie solennelle en présence des deux Présidents de la République.
D’après l’accord, un Comité paritaire turco-français fut désigné responsable du programme pédagogique et de l’administration de l’Université tandis que ses relations avec les universités de France sont gérées par le Haut Comité de Parrainage, sous la présidence d’honneur du Président de la République Française et celle administrative, des anciens Premiers Ministres, respectivement M. Raymond Barre et M. Alain Juppé.
Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après sa création, Galatasaray compte parmi les plus prestigieuses universités publiques du pays, recrutant parmi les plus brillants de quelques 2 millions de candidats au concours national. Composée de cinq facultés, dont 12 départements et deux instituts, elle conserve une coloration sciences humaines et sociales avec plus de 4000 étudiants, de licence, master, et doctorat tous confondus.
Elle fait partie d’un « Consortium d’appui des universités françaises à l’Université Galatasaray » qui réunit une trentaine d’universités françaises, est membre de l’AUF et dispose, depuis fin 2016 d’une Chaire Senghor de la Francophonie.